14.05.2008

OGM : de la naissance d'un cadre politique face à une rupture biotechnologique

Comment se faire sur des questions aussi complexes que les OGM ? Comment les parlementaires s’approprient ces sujets, étudient les projets de loi ? Cette question me semblait intéressante à poser dans un contexte de réforme des institutions où le rôle du Parlement doit être renforcé. C’est la question que je pensais poser sur ce blog mardi matin ! Le temps de préparer cette note, nous sommes mercredi et l’Assemblée Nationale a répondu à une question préalable comme on le sait, le débat a tourné court. Cela n’empêche pas de prolonger la réflexion.

Je fondais en effet cette question sur notre fonctionnement face à une innovation de rupture en m’appuyant sur la question des OGM, ayant passé quelques jours plongée dans la lecture d’un livre écrit par une journaliste Marie-Monique Robin « le monde selon Monsanto ». Il est difficile de se prononcer sur le fond, et il n’est pas nécessaire que chacun en France le fasse, n’ayant à sa disposition que des informations partielles. Toutefois, cet ouvrage fait évidemment réfléchir, sur un thème hautement sensible comme celui-ci, sur les rôles des scientifiques, des groupes privés, des politiques et des autorités administratives à qui ces derniers délèguent la surveillance et l’application des lois qu’ils ont votées.

Tout ceci se passe d’abord aux Etats-Unis, mais dans une économie globalisée, le sujet est mondial. Il ressort toutefois que derrière les positions de chaque pays sur ces questions, il y a diverses façons d’envisager le développement de la planète et de ses habitants à travers ces technologies : comment nourrir beaucoup plus de monde sur la planète ? Quelle place laisser aux groupes privés pour proposer leur solution avec une efficacité commerciale qui peut parfois aller plus vite que la maturation scientifique et politique sur de tels sujets ? Quelle cohérence dans les positions prises ? Quelles conséquences dans les échanges internationaux ?

Quels moyens doivent se donner les pouvoirs publics pour analyser scientifiquement les conséquences de ces innovations à travers la recherche, les études et la réflexion géostratégique sur la sécurité alimentaire? D’autres sujets très sensibles ont été l’objet de profondes réflexions (ex de l'armement,…) mais leurs innovations étaient issus souvent de la recherche militaire, la réflexion restait donc en main des pouvoirs publics. Dans le cas des OGM et des biotechnologies, comme des médicaments d’ailleurs ou aujourd'hui de l'énergie, le contexte est différent, puisque l’innovation vient souvent de groupes privés. En l'occurence, Monsanto semble avoir une véritable hégémonie. C’est pourquoi, quand il s'agit de continuer les investissements français en recherche, il semble incontestable qu’il ne faut pas lésiner : ne pas investir pour donner une compétence aux pouvoirs publics serait laisser le champ libre à l’innovation sans les limites dont le monde capitaliste a parfois besoin…

La réflexion politique doit en effet porter sur les principes et valeurs qui sous-tendent le développement de la planète au bénéfice très long terme des habitants et sur les moyens qu'elle se donne. La réponse peut-elle être définitive aujourd’hui sur tous les OGMs en condamnant globalement la technologie utilisée, ou bien certains bienfaits de certains OGM pourront à l’avenir être démontrés? En tout état de cause, l'objectif est de se donner les moyens de suivre l'introduction de ces innovations en lui définissant un cadre politique et réglementaire.

Frédérique Legrain

PS : n'oubliez pas que vous avez la possibilité de publier vos réflexions en les envoyant à contact@notreumpsud92.com ou en apportant vos commentaires aux notes. La parole est libre, elle permet d'approfondir le débat, elle peut renvoyer à nos responsables politiques nos ressentis.
Le blog a des lecteurs réguliers que je remercie pour leur fidélité. Maintenir la qualité n'est pas chose facile, mais c'est une petite façon de contribuer au fonctionnement de la démocratie

08.05.2008

Prochain café-croissants le 17 mai

Le prochain café-croissants est reporté au 17 mai à Antony, il portera sur les réformes et le bilan après une année d'action du Président français Nicolas Sarkozy, de l'équipe gouvernementale et des parlementaires.

06.05.2008

6 mai 2007 - 6 mai 2008 : premier bilan

Les articles sont nombreux dans la presse pour tirer un bilan de la première année de Nicolas Sarkozy et de son équipe pour réformer la France : tous confirment que c'est le mandat que lui ont donné les français et que ceux-ci jugent à l'aune des résultats. C'est déjà un consensus important. Un regard extérieur est souvent bon, je vous recommande la lecture de celui du Nouvel Economiste (en anglais) : http://www.economist.com/displaystory.cfm?story_id=11289076&mode=comment&intent=readBottom

Pour ceux qui ont fait l'exercice de voter parmi les 15 engagements de Nicolas Sarkozy, c'est intéressant de les relire, y compris dans leur formulation. Nous verrons ce soir les enseignements qu'en tirent nos leaders, mais on ressent qu'il y a encore du chemin à faire pour les réussir tous, 4 ans ne seront pas de trop. L'heure n'est donc pas à la fête, c'est trop tôt, mais à la concentration et la réaffirmation continuelle de la nécessité des réformes. Nous en prenons bien le chemin.

Il manque peut-être un chapeau, celui de la vision que propose la droite au delà de ces réformes. Il serait important de rappeler aux français pour motiver et emporter leur adhésion sur ces réformes, que l'objectif est que chacun ait sa place dans la société : il ne s'agit pas d'organiser une simple répartition des richesses "égalitariste" comme la gauche le préconise trop souvent, répartition toujours insuffisante, coûteuse, et n'offrant finalement pas la dignité dont chacun a besoin pour vivre, au delà des subsides.
Il s'agit de donner à chacun sa chance selon ses capacités, sa formation, ses envies, sa volonté et une répartition des fruits du travail (il est naturel qu'elle aille autant aux salariés qu'aux actionnaires qui financent et prennent des risques, mais probablement de façon plus équilibrée que les excès constatés parfois). Incontestablement, il faut organiser un rattrapage pour ceux qui sont moins bien armés, et même accepter que certains ne pourront pas avoir les mêmes opportunités. Peut-on appeler cette vision de la droite pour notre société la recherche d'une répartition équitable des chances...?! Pour bien la faire, il faut également admettre et accepter la compétition mondiale et l'environnement qu'elle crée.

Tous les acteurs se sentent concernés par la nécessité des réformes. Ce qui se passe en matière de démocratie sociale est une révolution. Le politique entérinera, mais il a créé un contexte favorable. Ainsi, l'autre point positif de ce bilan est que la politique sert à quelque chose! Elle ne sert pas seulement par les mesures techniques qui sont prises, mais elle se mesure par exemple par l'impact sur les mentalités de la promotion des seniors dans l'univers professionnel.

L'article du Nouvel Economiste rappelle à la fois le regret et le conseil de Tony Blair à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir été assez loin dans certaines réformes. A bon entendeur...le mandat des français est clair!

Votre blogmaster

04.05.2008

Fête de l'Europe à Antony le 9 mai

Venez fêter l'Europe nombreux, en famille, le 9 mai à Antony à travers l'Europe des vins : conférence, dégustation, buffet et danses au rendez-vous de 18h à 22h30 salle François Mollé, place du marché. Ci-joint l'information à télécharger. tract MEbis 9mai08.jpg

14.04.2008

Un maître pour dix élèves

Ci-joint un commentaire envoyé au journal Le Monde sur le nombre d'enseignants en France et en Europe, en particulier en Finlande.
Je ne suis pas en mesure de vérifier l'exactitude de ces chiffres (un lecteur pourra peut-être le faire..), mais s'ils sont vrais, ils sont pour le moins troublants. Qu'est-ce qu'on attend alors pour les copier? Pas de fausse pudeur, il y a urgence..
Et pendant ce temps nos lycéens défilent dans l'objectif d'améliorer leurs résultats..

Michel Harmant

"Le Monde 6 avril 2008

Un maître pour dix élèves

Les syndicats d'enseignants du second degré ne sont pas sérieux. Supprimer 11 000 postes d'enseignants n'a rien d'extraordinaire. Officiellement il y a 511 485 enseignants pour 5 418 lycées et collèges. Cela fait un taux d'encadrement de 1 maître pour 10, 4 élèves. Ce taux est le plus bas d'Europe : selon l'Eurostat et l'OCDE, la situation est la suivante dans divers Etats occidentaux : Allemagne 15,1 ; Etats-Unis 15,5 ; Finlande 13,1 ; Japon 14,1 ; Royaume-Uni 14, 4.

L'Etat qui a les meilleurs résultats éducatifs, selon l'OCDE, est la Finlande : en portant le taux français au taux finlandais, il n'y aurait que 413 668 enseignants dans le second degré français.

Si l'on est raisonnable, on peut penser que supprimer 100 000 postes d'enseignants - c'est-à-dire, sur cinq ans, 20 000 postes par an - n'est pas une idée absurde.

Peut-être serait-il judicieux de regarder les systèmes d'enseignement en dehors de l'Hexagone : on y découvrirait beaucoup d'éléments utiles et on ne créerait pas d'agitation qui entraîne des retards non négligeables dans le cursus scolaire.

F. G. Dreyfus
Professeur émérite à la Sorbonne
Paris"

10.04.2008

Café-croissants du 12 avril

Chers amis,

J’espère que chacun d’entre vous a pu se reposer après cette période électorale éprouvante sur le plan physique et passionnante pour les militants que nous sommes.

La passion qui nous anime continue et les projets de réformes sont nombreux.

Pour notre prochain café croissants je vous propose de décortiquer le RSA, de comprendre son principe, ses mécanismes et ses implications.

Donc rendez vous samedi 12 avril à partir de 9 h salle Lasson

A samedi

Etienne CHARRIEAU

09.04.2008

Accord politique sur le financement de Galileo par Alain LAMASSOURE

71173d76f4923cc1bbf0063a7b9566c8.jpgL'accord obtenu sur Galileo constitue "une réelle prouesse" selon La Tribune. "Déjouant les pronostics, députés européens et ministres des Vingt-Sept se sont entendus sur le lancement industriel du GPS européen".

L'adoption du texte permettra d'acter que les 2,4 milliards d'euros nécessaires d'ici 2013 seront puisés dans le budget de la PAC. Il y a trois mois, un accord était intervenu au Conseil européen, "pour abandonner l'idée d'un partenariat public- privé et lui substituer un financement intégral par le budget européen".

b67c47be4dd9a9ffcac8c34aa4317e18.jpgCet accord exceptionnel nous a interpellé. Alain LAMASSOURE, député européen, en charge des questions européennes à l'UMP, a accepté de répondre à nos questions.


FL : J'imagine que cet accord permet de sortir de l’ornière à court terme, mais on peut imaginer aussi que cela démontre une inflexion pour l’avenir du budget européen : faudra-t-il augmenter la part du budget européen ? Ou bien le budget global de la PAC peut-il diminuer ?

Alain LAMASSOURE :
On va parvenir à financer la totalité grâce aux économies réalisées sur le budget agricole. Nous avons été aidés par un renversement historique des marchés agricoles - c'est la première fois en un demi-siècle que les prix mondiaux sont devenus supérieurs aux prix internes de l'Union !.

Mais il faut saluer l'exploit politique de la France. Il a fallu plusieurs années d'efforts patients pour convaincre nos partenaires de l'intérêt crucial du projet, qui était combattu dans l'ombre par les Américains et leurs plus fidèles alliés en Europe.

Puis il a fallu faire accepter par tous les gouvernements que le financement serait entièrement public - alors que les libéraux insistaient pour une formule de PPP, qui s'est révélée impraticable dans ce cas -, et que la totalité de ce financement viendrait du seul budget communautaire, ce qui interdisait à l'Allemagne ou à l'Italie de bénéficier du "juste retour" de sa contribution financière au profit de commandes équivalentes pour leur industrie spatiale.

Enfin, nous sommes parvenus à convaincre la quasi-unanimité du Parlement européen d'affecter la totalité des économies agricoles au seul projet Galileo, dont, certes, tous les pays membres profiteront, mais qui intéresse au premier chef les seules puissances spatiales, soit une infime majorité.
C'est vraiment un petit chef d'oeuvre diplomatique et politique.


FL : Qu’en est-il du mode de financement de l'Europe? Pensez-vous qu’il soit possible un jour d’avoir des ressources propres ?

Alain LAMASSOURE :
Cette solution ne pourra pas être étendue à d'autres projets, faute de pouvoir compter sur d'autres économies comparable et en l'absence de recettes nouvelles du budget européen. Aujourd'hui, celui-ci est plombé par le fait qu'il est financé par des cotisations budgétaires des Etats membres, dont les finances publiques sont elles-mêmes en capilotade.

Il faut donc trouver d'autres recettes, qui ne pèsent pas sur les budgets nationaux. J'y travaille depuis trois ans au Parlement européen, en y associant les commissions des Finances des Parlements nationaux. Mais c'est un sujet politiquement très sensible, qu'on ne pourra ouvrir au débat entre les gouvernements qu'après avoir achevé la ratification du traité de Lisbonne dans les 27 pays. A peine un tiers y ont procédé à ce jour.

04.04.2008

Le juste retour de l'exigence

Les réformes continuent. N’oublions pas que l’Etat assume des fonctions régaliennes, mais que la société française (et européenne d’ailleurs) au fil des années a également décidé de déléguer de nombreuses fonctions collectives à l’Etat et aux collectivités locales. Ceci résulte d’un choix démocratique mettant en avant les investissements en infrastructures que cela rend possible (autoroutes, museés, trains, écoles) et la solidarité entre territoires ou entre personnes à revenus ou situations personnelles trop différentes : transports, aide à l’emploi ou aides sociales…les exemples ne manquent pas.

Ce choix d’affecter une partie de nos ressources à l’Etat pour rendre des services ne doit aucunement empêcher l’exigence de résultat en retour. De même que vous n’achèterez pas un produit trop cher ou ne ferez pas appel une seconde fois à une société de service qui a mal travaillé.
De la même façon, le principe de solidarité (c’est-à-dire un transfert de « richesse » vers les plus pauvres), pour qu’il reste efficace, ne peut pas profiter à une trop grande partie de la population, car il perd alors de son efficacité en étant dilué et perd ainsi en pertinence pour l’accompagnement des gens qui en ont le plus besoin. Il n’est plus accepté ni acceptable par ceux qui paient. C’est le reproche que l’on peut faire à la prime pour l’emploi.

C’est le sens des mesures annoncées par le Président de la République ce matin. La gauche est bien mal placée pour les critiquer ou parler de plan de rigueur. Les premiers à en bénéficier seront les citoyens. Exemple: plus de double enregistrement, de déplacements et d’attentes multipliées auprès des Assedic et de l’ANPE pour un seul problème. Face à la multiplication des dispositifs d’accompagnement, un agent de l’état n’a parfois pour mission que le diagnostic et le renvoi vers le « dispositif » qui convient, parfois multipliés par 2, 3 acteurs. Cela traduit un manque de confiance du système à remplacer par de la formation, de l'exigence et de la reconnaissance des agents : ce n’est pas le nombre de « contacts » enregistrés qui comptent, mais bien la valeur ajoutée du rendez-vous lui-même.

Il est nécessaire d’investir légèrement pour de telles réformes, mais le retour sur investissement est en général très rapide (18 mois pour un site internet transactionnel) : exemple : investir dans un logiciel de prise de rendez-vous par internet au consulat à Londres avec une organisation de traitement fiable a fait économiser des journées entières au ressortissants français pour leur déclarations. Les fonctionnaires du consulat soudain appréciés pour la qualité du service rendu travaillent dans un environnement serein et non plus sous la pression de citoyens insatisfaits. C'est quand même mieux qu'investir dans un écran plat avec chaine TV pour faire patienter...

Que les retraités qui ont travaillé toute leur vie exigent de la solidarité nationale de meilleures retraites pour vivre est normal et doit nous pousser à nous remettre en cause. Ceci dit, ils auraient pu aussi faire attention à ne pas laisser filer les choses à leur époque active. Ne refaisons pas les mêmes erreurs, sinon nous le paierons doublement, pour eux et pour nous...