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02.04.2008

Déficit public : reprise à la hausse

L’Insee a confirmé, le 28 mars dernier, la dégradation des finances publiques en 2007, plus forte que celle prévue par le gouvernement. Le déficit public a donc atteint 50,3 milliards d’euros (2,7 % du PIB). La raison principale n’est pas la crise financière internationale mais bien une progression plus forte des dépenses publiques que celle des recettes. Cette conclusion est d’ailleurs validée par le gouvernement, qui ne peut que constater l’explosion non maîtrisée des dépenses publiques, notamment celles des collectivités territoriales. Les finances dérapent, le contrôle de la dépense publique est quasi inexistant, malgré des tentatives allant dans le bon sens (RGPP, audit de modernisation de l’Etat…).

Le gouvernement prévoyait un déficit de 2,4 % du PIB. Malheureusement, c’était sans compter l’inflation des dépenses des collectivités territoriales. En effet, le dérapage de leurs dépenses (7,2 milliards de déficit, un record !) est bien plus élevé que prévu. Il expliquerait à lui seul près des deux tiers de la différence entre les prévisions et le déficit réel. L’explosion des effectifs de la fonction publique territoriale explique pour une bonne part ce phénomène. En 25 ans, alors que le PIB progressait de 37 %, les dépenses de personnel des collectivités locales ont bondit de près de 80 %. La croissance des effectifs (Entre 25.000 et 30.000 créations nettes de postes par an dans les collectivités) ainsi que l’évolution de leurs salaires (deux fois plus rapide en moyenne depuis 20 ans comparée à la fonction publique d’Etat) semblent ainsi non maîtrisables.

L’argument du transfert des compétences ne tient pas véritablement la route, puisqu’il ne s’est pas accompagné d’une baisse sensible des dépenses dans les administrations centrales. Les collectivités territoriales sont pleinement responsables de cette situation, s’emparant, sous prétexte de service public, de toutes les missions électoralistes qui plaisent à certains élus irresponsables et clientélistes. La remise en question des domaines d’intervention des collectivités locales s’impose. La révision générale des politiques publiques devra identifier les doublons et redéfinir un cadre d’action clair et efficace sous peine de ne jamais arriver à maîtriser les déficits, et faire payer aux générations futures les gabegies du présent.
Julien Lamon

Cet article est envoyé par Christian Lancrenon et a pour source l'IFRAP (Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques) http://www.ifrap.org/

Commentaires

Mon cher Christian :
Je crois que ton combat pour conquerir la mairie de Sceaux s'inscrit plus que pleinement dans cette logique. On voit bien que certains de nos édiles prennent la poche des contribuables (et des scéens plus particulièrement) pour un puits sans fond...
Je crois que c'est l'élection Présidentielle qui par son omniprésence (politique , médiatique,...)en 2007 nous a empêché d'entreprendre à l'endroit de nos populations locales une véritable pédagogie de la dépense publique locale...
Qui plus est , nos maires n'ont AUCUNE incitation à bien gérer leur collectivités : avec des contrôles tous les 36 du mois, il s'écoule parfois presqu'un mandat entier sans qu'aucun contrôleur ne se soit manifesté... ( ça me rappelle l'époque où statistiquement on se faisait contrôler au volant une fois tous les 14 ans et où notre République s'étonnait d'avoir alors plus de 7000 morts par an sur les routes...) Dans le cadre d'une éventuelle réforme des collecivités locales à venir : je demande à ce que tout élu local sortant se voit attribué ou pas "quittus" de sa gestion passée et qu'en l'abscence du quittus il ne puisse PAS se représenter...

Enfin et surtout, vis à vis de nos Finances Publiques tant scéennes que nationales, il me semble important que tt le monde comprenne bien que nous en sommes arrivé à EMPRUNTER de quoi PAYER L'ANNUITE de notre DETTE !!!
J'aimerais bien connaître les critères de surendettement tels que définis par la Banque de France et de voir s'il ne s'appliqueraient pas au pays tt entier...
dans les années 70 préThatchériennes, l'Angleterre était passée sous Administration du FMI... voilà qui nous pend au nez
Tu parles fort justement des générations futures sur lesquelles nous faisons tout porter :
ces générations payeront nos retraites (vive la répartition)
ces générations payeront nos dettes(Merci la génération 68)
ces générations payeront les coûts du maintien en presque bonne santé de leurs ainés (nous !!!)
Mais QUE LEUR RESTERA-T-IL POUR VIVRE ?
ces générations vont nous maudire pour l'éternité : et elles auront raison.

En toute cordialité
@bientôt
Eric S.

Ecrit par : EricS. | 04.04.2008