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04.04.2008

Le juste retour de l'exigence

Les réformes continuent. N’oublions pas que l’Etat assume des fonctions régaliennes, mais que la société française (et européenne d’ailleurs) au fil des années a également décidé de déléguer de nombreuses fonctions collectives à l’Etat et aux collectivités locales. Ceci résulte d’un choix démocratique mettant en avant les investissements en infrastructures que cela rend possible (autoroutes, museés, trains, écoles) et la solidarité entre territoires ou entre personnes à revenus ou situations personnelles trop différentes : transports, aide à l’emploi ou aides sociales…les exemples ne manquent pas.

Ce choix d’affecter une partie de nos ressources à l’Etat pour rendre des services ne doit aucunement empêcher l’exigence de résultat en retour. De même que vous n’achèterez pas un produit trop cher ou ne ferez pas appel une seconde fois à une société de service qui a mal travaillé.
De la même façon, le principe de solidarité (c’est-à-dire un transfert de « richesse » vers les plus pauvres), pour qu’il reste efficace, ne peut pas profiter à une trop grande partie de la population, car il perd alors de son efficacité en étant dilué et perd ainsi en pertinence pour l’accompagnement des gens qui en ont le plus besoin. Il n’est plus accepté ni acceptable par ceux qui paient. C’est le reproche que l’on peut faire à la prime pour l’emploi.

C’est le sens des mesures annoncées par le Président de la République ce matin. La gauche est bien mal placée pour les critiquer ou parler de plan de rigueur. Les premiers à en bénéficier seront les citoyens. Exemple: plus de double enregistrement, de déplacements et d’attentes multipliées auprès des Assedic et de l’ANPE pour un seul problème. Face à la multiplication des dispositifs d’accompagnement, un agent de l’état n’a parfois pour mission que le diagnostic et le renvoi vers le « dispositif » qui convient, parfois multipliés par 2, 3 acteurs. Cela traduit un manque de confiance du système à remplacer par de la formation, de l'exigence et de la reconnaissance des agents : ce n’est pas le nombre de « contacts » enregistrés qui comptent, mais bien la valeur ajoutée du rendez-vous lui-même.

Il est nécessaire d’investir légèrement pour de telles réformes, mais le retour sur investissement est en général très rapide (18 mois pour un site internet transactionnel) : exemple : investir dans un logiciel de prise de rendez-vous par internet au consulat à Londres avec une organisation de traitement fiable a fait économiser des journées entières au ressortissants français pour leur déclarations. Les fonctionnaires du consulat soudain appréciés pour la qualité du service rendu travaillent dans un environnement serein et non plus sous la pression de citoyens insatisfaits. C'est quand même mieux qu'investir dans un écran plat avec chaine TV pour faire patienter...

Que les retraités qui ont travaillé toute leur vie exigent de la solidarité nationale de meilleures retraites pour vivre est normal et doit nous pousser à nous remettre en cause. Ceci dit, ils auraient pu aussi faire attention à ne pas laisser filer les choses à leur époque active. Ne refaisons pas les mêmes erreurs, sinon nous le paierons doublement, pour eux et pour nous...