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09.04.2008
Accord politique sur le financement de Galileo par Alain LAMASSOURE
L'accord obtenu sur Galileo constitue "une réelle prouesse" selon La Tribune. "Déjouant les pronostics, députés européens et ministres des Vingt-Sept se sont entendus sur le lancement industriel du GPS européen".
L'adoption du texte permettra d'acter que les 2,4 milliards d'euros nécessaires d'ici 2013 seront puisés dans le budget de la PAC. Il y a trois mois, un accord était intervenu au Conseil européen, "pour abandonner l'idée d'un partenariat public- privé et lui substituer un financement intégral par le budget européen".
Cet accord exceptionnel nous a interpellé. Alain LAMASSOURE, député européen, en charge des questions européennes à l'UMP, a accepté de répondre à nos questions.
FL : J'imagine que cet accord permet de sortir de l’ornière à court terme, mais on peut imaginer aussi que cela démontre une inflexion pour l’avenir du budget européen : faudra-t-il augmenter la part du budget européen ? Ou bien le budget global de la PAC peut-il diminuer ?
Alain LAMASSOURE :
On va parvenir à financer la totalité grâce aux économies réalisées sur le budget agricole. Nous avons été aidés par un renversement historique des marchés agricoles - c'est la première fois en un demi-siècle que les prix mondiaux sont devenus supérieurs aux prix internes de l'Union !.
Mais il faut saluer l'exploit politique de la France. Il a fallu plusieurs années d'efforts patients pour convaincre nos partenaires de l'intérêt crucial du projet, qui était combattu dans l'ombre par les Américains et leurs plus fidèles alliés en Europe.
Puis il a fallu faire accepter par tous les gouvernements que le financement serait entièrement public - alors que les libéraux insistaient pour une formule de PPP, qui s'est révélée impraticable dans ce cas -, et que la totalité de ce financement viendrait du seul budget communautaire, ce qui interdisait à l'Allemagne ou à l'Italie de bénéficier du "juste retour" de sa contribution financière au profit de commandes équivalentes pour leur industrie spatiale.
Enfin, nous sommes parvenus à convaincre la quasi-unanimité du Parlement européen d'affecter la totalité des économies agricoles au seul projet Galileo, dont, certes, tous les pays membres profiteront, mais qui intéresse au premier chef les seules puissances spatiales, soit une infime majorité.
C'est vraiment un petit chef d'oeuvre diplomatique et politique.
FL : Qu’en est-il du mode de financement de l'Europe? Pensez-vous qu’il soit possible un jour d’avoir des ressources propres ?
Alain LAMASSOURE :
Cette solution ne pourra pas être étendue à d'autres projets, faute de pouvoir compter sur d'autres économies comparable et en l'absence de recettes nouvelles du budget européen. Aujourd'hui, celui-ci est plombé par le fait qu'il est financé par des cotisations budgétaires des Etats membres, dont les finances publiques sont elles-mêmes en capilotade.
Il faut donc trouver d'autres recettes, qui ne pèsent pas sur les budgets nationaux. J'y travaille depuis trois ans au Parlement européen, en y associant les commissions des Finances des Parlements nationaux. Mais c'est un sujet politiquement très sensible, qu'on ne pourra ouvrir au débat entre les gouvernements qu'après avoir achevé la ratification du traité de Lisbonne dans les 27 pays. A peine un tiers y ont procédé à ce jour.
19:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Bonsoir à tous...
1 - Il faut savoir que le GPS sert sympathiquement à guider nos voitures dans les embouteillages mais aussi et surtout à guider les missiles de croisière... d'où l'intéret de se doter(à minima) d'une autonomie européenne sur la question et voilà de quoi tordre le cou à l'antiaméricanisme primaire qui était apparu dernièrement dans la bouche du sieur Hollande en regard du prétendu Atlantisme de notre Président...
é - Le Liberal convaincu que je suis ne peut que regretter l'echec du PPP sur le sujet mais l'ensemble des contraintes de "juste retour" c'est à dire de retombées industrielles sur le territoire des contributaires en faisait d'office un montage extrèmement complexe qui n'a pas même vu le jour...
Je me félicite qu'une solution tierce se soit fait jour grâce aux économies sur la PAC.Voilà un bon exemple, selon moi, où les Puissances Publiques Européennes se substitue au marché qd celui s'avère incapable de mettre sur pied par lui même des solutions acceptables, et ce , dans le sens de l'intéret général...
en toute cordialité & amitié
Eric S.
Ecrit par : Eric S. | 09.04.2008

