« 2008-03 | Page d'accueil | 2008-05 »
14.04.2008
Un maître pour dix élèves
Ci-joint un commentaire envoyé au journal Le Monde sur le nombre d'enseignants en France et en Europe, en particulier en Finlande.
Je ne suis pas en mesure de vérifier l'exactitude de ces chiffres (un lecteur pourra peut-être le faire..), mais s'ils sont vrais, ils sont pour le moins troublants. Qu'est-ce qu'on attend alors pour les copier? Pas de fausse pudeur, il y a urgence..
Et pendant ce temps nos lycéens défilent dans l'objectif d'améliorer leurs résultats..
Michel Harmant
"Le Monde 6 avril 2008
Un maître pour dix élèves
Les syndicats d'enseignants du second degré ne sont pas sérieux. Supprimer 11 000 postes d'enseignants n'a rien d'extraordinaire. Officiellement il y a 511 485 enseignants pour 5 418 lycées et collèges. Cela fait un taux d'encadrement de 1 maître pour 10, 4 élèves. Ce taux est le plus bas d'Europe : selon l'Eurostat et l'OCDE, la situation est la suivante dans divers Etats occidentaux : Allemagne 15,1 ; Etats-Unis 15,5 ; Finlande 13,1 ; Japon 14,1 ; Royaume-Uni 14, 4.
L'Etat qui a les meilleurs résultats éducatifs, selon l'OCDE, est la Finlande : en portant le taux français au taux finlandais, il n'y aurait que 413 668 enseignants dans le second degré français.
Si l'on est raisonnable, on peut penser que supprimer 100 000 postes d'enseignants - c'est-à-dire, sur cinq ans, 20 000 postes par an - n'est pas une idée absurde.
Peut-être serait-il judicieux de regarder les systèmes d'enseignement en dehors de l'Hexagone : on y découvrirait beaucoup d'éléments utiles et on ne créerait pas d'agitation qui entraîne des retards non négligeables dans le cursus scolaire.
F. G. Dreyfus
Professeur émérite à la Sorbonne
Paris"
10:30 Publié dans National | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.04.2008
Café-croissants du 12 avril
Chers amis,
J’espère que chacun d’entre vous a pu se reposer après cette période électorale éprouvante sur le plan physique et passionnante pour les militants que nous sommes.
La passion qui nous anime continue et les projets de réformes sont nombreux.
Pour notre prochain café croissants je vous propose de décortiquer le RSA, de comprendre son principe, ses mécanismes et ses implications.
Donc rendez vous samedi 12 avril à partir de 9 h salle Lasson
A samedi
Etienne CHARRIEAU
16:44 Publié dans Agenda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.04.2008
Accord politique sur le financement de Galileo par Alain LAMASSOURE
L'accord obtenu sur Galileo constitue "une réelle prouesse" selon La Tribune. "Déjouant les pronostics, députés européens et ministres des Vingt-Sept se sont entendus sur le lancement industriel du GPS européen".
L'adoption du texte permettra d'acter que les 2,4 milliards d'euros nécessaires d'ici 2013 seront puisés dans le budget de la PAC. Il y a trois mois, un accord était intervenu au Conseil européen, "pour abandonner l'idée d'un partenariat public- privé et lui substituer un financement intégral par le budget européen".
Cet accord exceptionnel nous a interpellé. Alain LAMASSOURE, député européen, en charge des questions européennes à l'UMP, a accepté de répondre à nos questions.
FL : J'imagine que cet accord permet de sortir de l’ornière à court terme, mais on peut imaginer aussi que cela démontre une inflexion pour l’avenir du budget européen : faudra-t-il augmenter la part du budget européen ? Ou bien le budget global de la PAC peut-il diminuer ?
Alain LAMASSOURE :
On va parvenir à financer la totalité grâce aux économies réalisées sur le budget agricole. Nous avons été aidés par un renversement historique des marchés agricoles - c'est la première fois en un demi-siècle que les prix mondiaux sont devenus supérieurs aux prix internes de l'Union !.
Mais il faut saluer l'exploit politique de la France. Il a fallu plusieurs années d'efforts patients pour convaincre nos partenaires de l'intérêt crucial du projet, qui était combattu dans l'ombre par les Américains et leurs plus fidèles alliés en Europe.
Puis il a fallu faire accepter par tous les gouvernements que le financement serait entièrement public - alors que les libéraux insistaient pour une formule de PPP, qui s'est révélée impraticable dans ce cas -, et que la totalité de ce financement viendrait du seul budget communautaire, ce qui interdisait à l'Allemagne ou à l'Italie de bénéficier du "juste retour" de sa contribution financière au profit de commandes équivalentes pour leur industrie spatiale.
Enfin, nous sommes parvenus à convaincre la quasi-unanimité du Parlement européen d'affecter la totalité des économies agricoles au seul projet Galileo, dont, certes, tous les pays membres profiteront, mais qui intéresse au premier chef les seules puissances spatiales, soit une infime majorité.
C'est vraiment un petit chef d'oeuvre diplomatique et politique.
FL : Qu’en est-il du mode de financement de l'Europe? Pensez-vous qu’il soit possible un jour d’avoir des ressources propres ?
Alain LAMASSOURE :
Cette solution ne pourra pas être étendue à d'autres projets, faute de pouvoir compter sur d'autres économies comparable et en l'absence de recettes nouvelles du budget européen. Aujourd'hui, celui-ci est plombé par le fait qu'il est financé par des cotisations budgétaires des Etats membres, dont les finances publiques sont elles-mêmes en capilotade.
Il faut donc trouver d'autres recettes, qui ne pèsent pas sur les budgets nationaux. J'y travaille depuis trois ans au Parlement européen, en y associant les commissions des Finances des Parlements nationaux. Mais c'est un sujet politiquement très sensible, qu'on ne pourra ouvrir au débat entre les gouvernements qu'après avoir achevé la ratification du traité de Lisbonne dans les 27 pays. A peine un tiers y ont procédé à ce jour.
19:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.04.2008
Le juste retour de l'exigence
Les réformes continuent. N’oublions pas que l’Etat assume des fonctions régaliennes, mais que la société française (et européenne d’ailleurs) au fil des années a également décidé de déléguer de nombreuses fonctions collectives à l’Etat et aux collectivités locales. Ceci résulte d’un choix démocratique mettant en avant les investissements en infrastructures que cela rend possible (autoroutes, museés, trains, écoles) et la solidarité entre territoires ou entre personnes à revenus ou situations personnelles trop différentes : transports, aide à l’emploi ou aides sociales…les exemples ne manquent pas.
Ce choix d’affecter une partie de nos ressources à l’Etat pour rendre des services ne doit aucunement empêcher l’exigence de résultat en retour. De même que vous n’achèterez pas un produit trop cher ou ne ferez pas appel une seconde fois à une société de service qui a mal travaillé.
De la même façon, le principe de solidarité (c’est-à-dire un transfert de « richesse » vers les plus pauvres), pour qu’il reste efficace, ne peut pas profiter à une trop grande partie de la population, car il perd alors de son efficacité en étant dilué et perd ainsi en pertinence pour l’accompagnement des gens qui en ont le plus besoin. Il n’est plus accepté ni acceptable par ceux qui paient. C’est le reproche que l’on peut faire à la prime pour l’emploi.
C’est le sens des mesures annoncées par le Président de la République ce matin. La gauche est bien mal placée pour les critiquer ou parler de plan de rigueur. Les premiers à en bénéficier seront les citoyens. Exemple: plus de double enregistrement, de déplacements et d’attentes multipliées auprès des Assedic et de l’ANPE pour un seul problème. Face à la multiplication des dispositifs d’accompagnement, un agent de l’état n’a parfois pour mission que le diagnostic et le renvoi vers le « dispositif » qui convient, parfois multipliés par 2, 3 acteurs. Cela traduit un manque de confiance du système à remplacer par de la formation, de l'exigence et de la reconnaissance des agents : ce n’est pas le nombre de « contacts » enregistrés qui comptent, mais bien la valeur ajoutée du rendez-vous lui-même.
Il est nécessaire d’investir légèrement pour de telles réformes, mais le retour sur investissement est en général très rapide (18 mois pour un site internet transactionnel) : exemple : investir dans un logiciel de prise de rendez-vous par internet au consulat à Londres avec une organisation de traitement fiable a fait économiser des journées entières au ressortissants français pour leur déclarations. Les fonctionnaires du consulat soudain appréciés pour la qualité du service rendu travaillent dans un environnement serein et non plus sous la pression de citoyens insatisfaits. C'est quand même mieux qu'investir dans un écran plat avec chaine TV pour faire patienter...
Que les retraités qui ont travaillé toute leur vie exigent de la solidarité nationale de meilleures retraites pour vivre est normal et doit nous pousser à nous remettre en cause. Ceci dit, ils auraient pu aussi faire attention à ne pas laisser filer les choses à leur époque active. Ne refaisons pas les mêmes erreurs, sinon nous le paierons doublement, pour eux et pour nous...
15:50 Publié dans National | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.04.2008
Déficit public : reprise à la hausse
L’Insee a confirmé, le 28 mars dernier, la dégradation des finances publiques en 2007, plus forte que celle prévue par le gouvernement. Le déficit public a donc atteint 50,3 milliards d’euros (2,7 % du PIB). La raison principale n’est pas la crise financière internationale mais bien une progression plus forte des dépenses publiques que celle des recettes. Cette conclusion est d’ailleurs validée par le gouvernement, qui ne peut que constater l’explosion non maîtrisée des dépenses publiques, notamment celles des collectivités territoriales. Les finances dérapent, le contrôle de la dépense publique est quasi inexistant, malgré des tentatives allant dans le bon sens (RGPP, audit de modernisation de l’Etat…).
Le gouvernement prévoyait un déficit de 2,4 % du PIB. Malheureusement, c’était sans compter l’inflation des dépenses des collectivités territoriales. En effet, le dérapage de leurs dépenses (7,2 milliards de déficit, un record !) est bien plus élevé que prévu. Il expliquerait à lui seul près des deux tiers de la différence entre les prévisions et le déficit réel. L’explosion des effectifs de la fonction publique territoriale explique pour une bonne part ce phénomène. En 25 ans, alors que le PIB progressait de 37 %, les dépenses de personnel des collectivités locales ont bondit de près de 80 %. La croissance des effectifs (Entre 25.000 et 30.000 créations nettes de postes par an dans les collectivités) ainsi que l’évolution de leurs salaires (deux fois plus rapide en moyenne depuis 20 ans comparée à la fonction publique d’Etat) semblent ainsi non maîtrisables.
L’argument du transfert des compétences ne tient pas véritablement la route, puisqu’il ne s’est pas accompagné d’une baisse sensible des dépenses dans les administrations centrales. Les collectivités territoriales sont pleinement responsables de cette situation, s’emparant, sous prétexte de service public, de toutes les missions électoralistes qui plaisent à certains élus irresponsables et clientélistes. La remise en question des domaines d’intervention des collectivités locales s’impose. La révision générale des politiques publiques devra identifier les doublons et redéfinir un cadre d’action clair et efficace sous peine de ne jamais arriver à maîtriser les déficits, et faire payer aux générations futures les gabegies du présent.
Julien Lamon
Cet article est envoyé par Christian Lancrenon et a pour source l'IFRAP (Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques) http://www.ifrap.org/
17:19 Publié dans National | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

