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20.05.2008

Enfin du sérieux

Le gouvernement semble enfin s’apercevoir qu’une bonne partie de son électorat de droite le lâche, la plupart sans doute pour de mauvaises raisons, mais quelques uns, espérons le, pour de bonnes raisons.
Et c’est ainsi qu’en cette mi mai 2008, un an après son élection « triomphale », nous apprîmes que la droite au pouvoir envisageait :
1. d’inscrire dans la Constitution l’obligation pour les députés de voter des budgets en équilibre,
2. de démanteler définitivement les 35 heures en redonnant aux entreprises, individuellement, la liberté de fixer elles mêmes leurs horaires de travail.

Venant après la confirmation qu’on envisageait toujours de supprimer un emploi sur deux de fonctionnaire partant à la retraite et la poursuite discrète mais semble t il non interrompue, des travaux de la RGPP et de la RPPO, on peut encore espérer- mais soyons prudent- que ce gouvernement, qui proclame haut et fort qu’il va continuer les réformes, ne se contentera pas de parler, mais qu’il va enfin faire.

Evidemment, et comme toujours, c’est dans le détail, que se joueront les mesures 1 et 2 ci dessus. Pour le moment tout peut arriver, un « bid » complet ou du sérieux. Il faudra attendre pour voir. Mais reconnaissons qu’avoir osé en parler n’est déjà pas si mal. Sur la 1 tous les députés UMP, ou presque, ont du en frémir de crainte. Et sur la 2, après la déclaration claire, nette et sans détour de Patrick Devedjian, l’incertain Xavier Bertrand s’est empressé de déclarer qu’il n’était pas question de toucher à la durée légale du travail en France. Les deux ont pu se concerter, ce serait génial, mais gageons plutôt qu’il y a déjà de profondes divergences au sein du gouvernement et qu’il est bien difficile, aujourd’hui, de dire comment cela finira.

Considérons toutefois qu’enfin quelque chose a bougé et ne boudons pas notre plaisir. Un an après beaucoup de tergiversations et de « mesurettes », un vrai courant réformiste et courageux semble se faire entendre pour la première fois. Bravo Patrick, bravo Eric Woerth et sans doute quelques autres…Jouyet ?
Bonnes chances à vous.
RS

14.05.2008

OGM : de la naissance d'un cadre politique face à une rupture biotechnologique

Comment se faire sur des questions aussi complexes que les OGM ? Comment les parlementaires s’approprient ces sujets, étudient les projets de loi ? Cette question me semblait intéressante à poser dans un contexte de réforme des institutions où le rôle du Parlement doit être renforcé. C’est la question que je pensais poser sur ce blog mardi matin ! Le temps de préparer cette note, nous sommes mercredi et l’Assemblée Nationale a répondu à une question préalable comme on le sait, le débat a tourné court. Cela n’empêche pas de prolonger la réflexion.

Je fondais en effet cette question sur notre fonctionnement face à une innovation de rupture en m’appuyant sur la question des OGM, ayant passé quelques jours plongée dans la lecture d’un livre écrit par une journaliste Marie-Monique Robin « le monde selon Monsanto ». Il est difficile de se prononcer sur le fond, et il n’est pas nécessaire que chacun en France le fasse, n’ayant à sa disposition que des informations partielles. Toutefois, cet ouvrage fait évidemment réfléchir, sur un thème hautement sensible comme celui-ci, sur les rôles des scientifiques, des groupes privés, des politiques et des autorités administratives à qui ces derniers délèguent la surveillance et l’application des lois qu’ils ont votées.

Tout ceci se passe d’abord aux Etats-Unis, mais dans une économie globalisée, le sujet est mondial. Il ressort toutefois que derrière les positions de chaque pays sur ces questions, il y a diverses façons d’envisager le développement de la planète et de ses habitants à travers ces technologies : comment nourrir beaucoup plus de monde sur la planète ? Quelle place laisser aux groupes privés pour proposer leur solution avec une efficacité commerciale qui peut parfois aller plus vite que la maturation scientifique et politique sur de tels sujets ? Quelle cohérence dans les positions prises ? Quelles conséquences dans les échanges internationaux ?

Quels moyens doivent se donner les pouvoirs publics pour analyser scientifiquement les conséquences de ces innovations à travers la recherche, les études et la réflexion géostratégique sur la sécurité alimentaire? D’autres sujets très sensibles ont été l’objet de profondes réflexions (ex de l'armement,…) mais leurs innovations étaient issus souvent de la recherche militaire, la réflexion restait donc en main des pouvoirs publics. Dans le cas des OGM et des biotechnologies, comme des médicaments d’ailleurs ou aujourd'hui de l'énergie, le contexte est différent, puisque l’innovation vient souvent de groupes privés. En l'occurence, Monsanto semble avoir une véritable hégémonie. C’est pourquoi, quand il s'agit de continuer les investissements français en recherche, il semble incontestable qu’il ne faut pas lésiner : ne pas investir pour donner une compétence aux pouvoirs publics serait laisser le champ libre à l’innovation sans les limites dont le monde capitaliste a parfois besoin…

La réflexion politique doit en effet porter sur les principes et valeurs qui sous-tendent le développement de la planète au bénéfice très long terme des habitants et sur les moyens qu'elle se donne. La réponse peut-elle être définitive aujourd’hui sur tous les OGMs en condamnant globalement la technologie utilisée, ou bien certains bienfaits de certains OGM pourront à l’avenir être démontrés? En tout état de cause, l'objectif est de se donner les moyens de suivre l'introduction de ces innovations en lui définissant un cadre politique et réglementaire.

Frédérique Legrain

PS : n'oubliez pas que vous avez la possibilité de publier vos réflexions en les envoyant à contact@notreumpsud92.com ou en apportant vos commentaires aux notes. La parole est libre, elle permet d'approfondir le débat, elle peut renvoyer à nos responsables politiques nos ressentis.
Le blog a des lecteurs réguliers que je remercie pour leur fidélité. Maintenir la qualité n'est pas chose facile, mais c'est une petite façon de contribuer au fonctionnement de la démocratie

08.05.2008

Prochain café-croissants le 17 mai

Le prochain café-croissants est reporté au 17 mai à Antony, il portera sur les réformes et le bilan après une année d'action du Président français Nicolas Sarkozy, de l'équipe gouvernementale et des parlementaires.

06.05.2008

6 mai 2007 - 6 mai 2008 : premier bilan

Les articles sont nombreux dans la presse pour tirer un bilan de la première année de Nicolas Sarkozy et de son équipe pour réformer la France : tous confirment que c'est le mandat que lui ont donné les français et que ceux-ci jugent à l'aune des résultats. C'est déjà un consensus important. Un regard extérieur est souvent bon, je vous recommande la lecture de celui du Nouvel Economiste (en anglais) : http://www.economist.com/displaystory.cfm?story_id=11289076&mode=comment&intent=readBottom

Pour ceux qui ont fait l'exercice de voter parmi les 15 engagements de Nicolas Sarkozy, c'est intéressant de les relire, y compris dans leur formulation. Nous verrons ce soir les enseignements qu'en tirent nos leaders, mais on ressent qu'il y a encore du chemin à faire pour les réussir tous, 4 ans ne seront pas de trop. L'heure n'est donc pas à la fête, c'est trop tôt, mais à la concentration et la réaffirmation continuelle de la nécessité des réformes. Nous en prenons bien le chemin.

Il manque peut-être un chapeau, celui de la vision que propose la droite au delà de ces réformes. Il serait important de rappeler aux français pour motiver et emporter leur adhésion sur ces réformes, que l'objectif est que chacun ait sa place dans la société : il ne s'agit pas d'organiser une simple répartition des richesses "égalitariste" comme la gauche le préconise trop souvent, répartition toujours insuffisante, coûteuse, et n'offrant finalement pas la dignité dont chacun a besoin pour vivre, au delà des subsides.
Il s'agit de donner à chacun sa chance selon ses capacités, sa formation, ses envies, sa volonté et une répartition des fruits du travail (il est naturel qu'elle aille autant aux salariés qu'aux actionnaires qui financent et prennent des risques, mais probablement de façon plus équilibrée que les excès constatés parfois). Incontestablement, il faut organiser un rattrapage pour ceux qui sont moins bien armés, et même accepter que certains ne pourront pas avoir les mêmes opportunités. Peut-on appeler cette vision de la droite pour notre société la recherche d'une répartition équitable des chances...?! Pour bien la faire, il faut également admettre et accepter la compétition mondiale et l'environnement qu'elle crée.

Tous les acteurs se sentent concernés par la nécessité des réformes. Ce qui se passe en matière de démocratie sociale est une révolution. Le politique entérinera, mais il a créé un contexte favorable. Ainsi, l'autre point positif de ce bilan est que la politique sert à quelque chose! Elle ne sert pas seulement par les mesures techniques qui sont prises, mais elle se mesure par exemple par l'impact sur les mentalités de la promotion des seniors dans l'univers professionnel.

L'article du Nouvel Economiste rappelle à la fois le regret et le conseil de Tony Blair à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir été assez loin dans certaines réformes. A bon entendeur...le mandat des français est clair!

Votre blogmaster

04.05.2008

Fête de l'Europe à Antony le 9 mai

Venez fêter l'Europe nombreux, en famille, le 9 mai à Antony à travers l'Europe des vins : conférence, dégustation, buffet et danses au rendez-vous de 18h à 22h30 salle François Mollé, place du marché. Ci-joint l'information à télécharger. tract MEbis 9mai08.jpg

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