01.06.2008

Architecture et urbanisme au coeur des politiques publiques

Les Echos publient un article passionnant sur Abu Dhabi et Dubaï et le renouveau qu’insuffle leur nouveau dirigeant depuis quelques années à ces villes des Emirats arabes unis.
« L’histoire commence avec les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Deux des terroristes présents dans les avions détournés sont originaires d’Abu Dhabi (…). Un choc pour le Cheikh (..). Il confiera à un proche que la découverte de la nationalité des pirates de l’air a provoqué chez lui une prise de conscience, l’incitant à opérer de profonds changements au sein de la société de l’émirat. (...)Il décide ainsi de faire de l’éducation un barrage contre l’obscurantisme et créer une ouverture sur le monde dans une région soumise à toutes les influences et pressions islamistes.». (les Echos de vendredi 30 mai).

Ce n’est donc pas qu’une question d’argent, même là-bas ! Nous savons depuis longtemps que la culture prépare les populations à grandir dans une société civilisée. L’ouverture sur le monde prépare aussi les populations à comprendre ce qui se passe autour d’elles, à se sentir impliquées, à vouloir rester dans la compétition culturelle mondiale quand il s’agit de la France et de son histoire.

C’est pourquoi, c’est toujours une excellente nouvelle quand des décisions comme le renouveau de la Défense sont prises. Quand un tel projet de tour est choisi. C’est d’ailleurs en cela qu’urbanisme et architecture se marient bien, puisque dans un projet de renouvellement urbanistique important, il faut aussi avoir ses œuvres innovantes et emblématiques. L’enjeu n’est pas qu’esthétique. Les critères d’un jury englobent la complexité des enjeux (espace, énergie, développement durable, sécurité, répartition des besoins domestiques et professionnels, technologie, connexion avec le reste de la ville, connexion avec les transports, développement économique, financement). C’est pourquoi des stratégies de blocage fondées sur un seul des critères (apparemment le plus subjectif d’ailleurs, celui de l’esthétisme) semblent regrettables et peu constructives. La décision annoncée par Patrick Devedjian sort enfin de l'immobilisme et intègre tous ces enjeux.

Les décisions en urbanisme des villes s’inscrivent sur 30 ans, les erreurs aussi, nous ne l’avons que trop bien vu pour nos chères banlieues. L’architecture et l’urbanisme reviennent donc au cœur des problématiques des politiques publiques, sans être uniquement vus comme des projets d’ »infrastructure » mais envisagés comme étant à la congruence des enjeux de vie de nos concitoyens demain.

Il faut absolument l’intégrer dans les réflexions actuelles sur le Grand Paris, qui dépasse largement les thématiques de gouvernance.

FL

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31.01.2008

EUROPE : Ensemble, construisons notre avenir

0e4f774f5866bc88e08606e7bf476075.jpgQuel chemin parcouru depuis le référendum de 2005 ! Le traité de Lisbonne est à peine signé, est encore en cours de ratification, que nos dirigeants se sont attelés à la tâche immense de dessiner l’avenir de l’Europe dans un contexte de mondialisation sur tous les terrains, politiques, économiques, sociaux, environnementaux. Après l’Europe de la paix de la deuxième moitié du XXième siècle dont chacun reconnaît l’importance, tous ont aussi reconnu l’insuffisance du message pour repondre aux problématiques des européens demain.

La transition n’est pas facile. Depuis 2005, de nombreux colloques, débats, montraient une Europe qui se cherche à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur dans son positionnement face à la concurrence mondiale : quelle synthèse entre la préservation de notre modèle et de nos valeurs et l’ouverture indispensable à la mondialisation qui nous bouscule ? A quoi sert l’Europe et comment servira-t-elle chaque pays et chaque européen au delà de ses valeurs communes d' ouverture et de tolérance multi-culturelle, de liberté et de démocratie?

ENSEMBLE, CONSTRUISONS NOTRE AVENIRLes deux thèmes des tables rondes était :

1) La France et l’Europe, avant et après le Traité de Lisbonne
2) Présidence Française de l’Union Européenne : quelles politiques pour une Europe qui protège ?

Tous les discours sont disponibles sur le site de l’UMP. Toutefois, avec le difficile exercice de ne pas les dévoyer, tant sur un tel sujet leur lecture intégrale semble indispensable à chacun de nous, j'ai choisi quelques phrases extraites des discours de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Patrick Devedjian dans l’ordre de leur apparition sur scène :

Patrick DEVEDJIAN
« Voulons-nous, pouvons-nous réguler la mondialisation ? Voulons-nous, ferons-nous l’Europe politique ? Ces deux questions, mes chers amis, n’en font qu’une. »

« À ce type de problèmes globaux, il ne peut y avoir de réponse que globale »

« Pour la présidence de l’Union : protection, adaptation, promotion, enthousiasme »

« Pour inspirer l’enthousiasme, nous devons hisser nos projets, qu’ils soient locaux, nationaux ou européens, jusqu’aux grands principes qui les soutiennent. »

ANGELA MERKEL (traduit de l'allemand)
« Nicolas a entrepris une action très courageuse pendant la campagne électorale en France, en reconnaissant clairement la nécessité d’un traité simplifié. «

« C’est le nouveau fondement de l’Europe, une Europe des valeurs communes, qui veut s’affirmer dans la concurrence mondiale comme une Europe ouverte, attachée à ses valeurs, mais aussi comme une Europe des intérêts communs »

« En tant que Chancelière fédérale, je tiens à vous dire que nous sommes prêts à vous aider comme vous nous avez aidés à réussir la présidence allemande de l’Union européenne. Nous sommes prêts à vous aider à réussir la présidence française au deuxième semestre 2008. »

NICOLAS SARKOZY
Angela MERKEL est une grande d’Europe, parce que, sans elle, nous n’aurions pas eu le traité simplifié. Nous avons travaillé main dans la main. »

« Je sais gré au Premier ministre portugais, M. SOCRATES, qui avait envie de faire un référendum et qui m’a téléphoné pour me dire : je renonce au référendum et je fais la ratification parlementaire, parce que je sais que je gagnerai le référendum au Portugal, mais je ne veux pas que quelques opinions publiques que cela soit prennent en otage ce référendum au Portugal. Parce qu’à ce moment là, a dit M. SOCRATES, c’est toute l’Europe qui est prise en otage. José SOCRATES, en faisant cela, est devenu un grand d’Europe, parce qu’il a choisi l’intérêt de la famille européenne sur le seul intérêt partisan et politique. »

« Je proposerai à Angela MERKEL de travailler avec la présidence française, main dans la main, comme elle m’a proposé, lorsqu’elle était Présidente, de travailler main dans la main. C’est cela l’amitié franco-allemande. »

Quatres priorités pour le Président français

1) Pacte européen pour l’immigration
Ex :« lorsqu’un pays européen accepte un réfugié politique, cette acceptation vaille pour tous les autres pays, mais lorsqu’un pays européen refuse un réfugié politique, je demande que ce refus vaille pour tous les autres pays. «

2) une défense européenne
« l’Europe ne sera pas une puissance politique si l’Europe n’est pas capable d’assumer elle-même sa sécurité »

3) Politique Agricole Commune
« le pouvoir vert, la qualité sanitaire, imposent à l’Europe de maintenir son indépendance alimentaire »

4) Le paquet climatique
"l’Europe doit être moteur sur la préservation de la planète"

Sur les questions de l’ Union Méditerrannéenne
« Parce que même si l’Allemagne n’est pas riveraine de la Méditerranée, - ce qui ne m’avait pas échappé ! -, lorsque l’on ne maîtrise pas les flux migratoires autour de la Méditerranée, cela concerne l’Allemagne, comme cela concerne les démocraties du Nord de l’Europe. »

En conclusion, nous pouvons retirer une très grande fierté d'appartenir à un mouvement qui organise de telles conventions et nous permet d'écouter des dirigeants qui, bien au delà des sondages, pensent à notre avenir.
Frédérique Legrain

18:15 Publié dans Innover | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

03.03.2007

Retour vers le futur!

Les dernières interventions de la campagne me chagrinent, tant ce que nos concurrents proposent est triste pour l’avenir. Mais que voulons-nous ?

1) Se tourner vers le passé avec nostalgie et n’aller voir que l’exposition de Robert Doisneau à Paris en ce moment…medium_img_15206.jpg

2) ou se tourner aussi vers des artistes qui scrutent l’avenir comme le fait David La Chapelle à New York (français venu s’installer à 18 ans à NY) medium_david-la-chapelle.jpg

3) suivre l’exemple de New York : des hommes visionnaires attachés à leur histoire avec une ambition collective émoustillée par la compétition pour construire le plus haut gratte-ciel medium_newyork_190.jpg

Les new-yorkais ont affiché il y a un siècle l’envie de dominer le monde et d’être en permanence à l’avant-garde tout en s’ancrant dans leurs valeurs et leur histoire. L’art, la littérature et la filmographie regorgent de cette aventure mélangeant l’ancrage classique (qu’ils ont parfois largement copié en en simplifiant les lignes, par ex en architecture) et la modernité artistique, technique, sociétale, financière et qui leur a permis de se projeter à l’avancée du monde.

François Bayrou, c’est Retour vers le Statu Quo : certes il parle d’une gestion en bon père de famille, mais on ne sort pas d’une dégringolade (18ième place mondiale en PNB par habitant comme il dit), avec son programme. Du reste les allemands en font aujourd’hui les frais : tous mes amis allemands se plaignent de la Grande Coalition, qui a tout bloqué, c’est une suite de mesurettes et de compromis interminables entre les deux grands partis (on imagine ce que ce serait entre la droite et la gauche en France et notre capacité bien connue de négociation !)

Ségolène Royal, c’est Retour vers le Passé, tant ce qu’elle propose est de renforcer les politiques d’assistanat mises en œuvre à grands frais dès 1981 et qui déjà deux ans après montraient leur irréalisme, tant déjà à l’époque les caisses semblaient vides (on ne parle pas d’aujourd’hui !).

Nicolas Sarkozy, c’est Retour vers le Futur, accompagnons-le dans son projet ambitieux pour la France. Son programme le démontre, y compris en matière économique : investissement dans les universités et la recherche, dans le dynamisme des PME, objectif de baisse des charges sur 10 ans pour rester compétitif, vote à bulletin secret en cas de grève prolongée de tous les salariés, plus généralement invitation à entreprendre, travailler plus et gagner plus, avec le choix d’une politique claire et qui sera appliquée avec détermination.

Alors pour nous rafraîchir d’une actualité bien pauvre, allons voir ailleurs. Voici un extrait d’article qui aborde l’avenir sous l’angle des villes planétaires qui ont l’ambition d’attirer les talents.

Les villes intelligentes préparent au futur
Extrait d’un article du Journal Les Echos signé Annick Colybes

« Les villes intelligentes sont les villes créatrices qui attirent les savoirs et privilégient les conditions du succès des entreprises et du bien-vivre ensemble

Elles se posent toutes la question, essentielle, de savoir ce qui est stratégique pour l’avenir. Engagées dans une compétition planétaire, les grandes villes du monde reconnues et enviées aujourd’hui sont des creusets d’innovation propices à l’attraction des talents. Il ne leur suffit pas d’être cablées ou de disposer d’un réseau de transports performant. « Nous appelons territoires intelligents, les villes qui ont eu la capacité d’identifier leur spécificité et d’optimiser leurs atouts, authentiques composants d’excellence. Il est plus complexe d’attirer des talents que des entreprises et ce sont les talents qui initialisent le processus », déclare Alfonso Vegara, fondateur à Philadelphie d’un réseau international de réflexion basé à Madrid, la « Fundacion Metropoli », qui scrute le développement des villes du monde. »

Suivent nombreux exemples de villes internationales qui ont eu la vision d’afficher une ambition (architecturale, bien-être, équipements, universités) pour attirer les talents… et par voie de conséquence relancer leur économie.

Frédérique Legrain

09:50 Publié dans Innover | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

12.11.2006

A lire ! "La terre est plate" de Thomas Friedman

medium_worldisflatcovmed.2.jpegC’est un livre qui explique de façon relativement simple la mondialisation et l’opportunité qu’elle représente. Il est fondé sur la conviction profonde de Friedman que la prospérité économique partagée est le meilleur remède contre les tentations de conflits civils ou entre nations.

Les 100 premières pages du livre servent à expliquer l’aplatissement du monde, qui passe largement par les capacités des nouvelles technologies à travailler d’un bout à l’autre du monde, donner l’accès de chacun au marché mondial par une chaîne logistique planétaire. Un exemple parmi d’autres : les bureaux d’études travaillent en flux continu grâce aux ingénieurs indiens, très qualifiés et dix fois moins chers, qui prennent le relais de développement logiciel grâce au décalage horaire pendant que les américains dorment. Les Etats-Unis, qui sont un pays de services, sont très touchés par la délocalisation des services en Inde, plus qu’en Europe où nous parlons surtout de la Chine devenue l’usine mondiale de produits manufacturés.

Premier constat à la lecture du livre : les Etats-Unis sont frappés comme nous par cette mondialisation et se posent les mêmes questions. La seconde partie du livre est plus frappante encore dans le sens où les pistes de réponses apportées par Friedman ne sont pas très éloignées de celles que nous préconisons en Europe, sans encore les appliquer. Il y a toutefois une différence fondamentale avec les européens : la confiance absolue que les Etats-Unis ont dans leur capacité de réagir grâce à leur flexibilité et le caractère entreprenant de leurs concitoyens. Ces derniers ne réclament pas un Etat qui les protège individuellement mais un cadre qui favorise leurs initiatives.

La dernière partie consacrée aux pays en voie de développement dans ce monde plat est à mon sens la plus novatrice tant elle nous explique ce qui peut arriver pour ces milliards d’être humains qui sont dans le monde « non-plat » (totalement exclus du phénomène) et ces autres milliards qui sont dans un monde « demi-plat » (conscients de l’aplatissement du monde mais qui n’en profitent pas). Il est à noter l’interprétation donnée par Friedman que la violence du monde islamique provient aussi d’une frustration des habitants du monde arabe, du fait des régimes politiques en place, qui ne peuvent profiter des opportunités formidables qu’apporte l’aplatissement du monde.

« Il faut commencer par comprendre les choses avant de les dépasser », citation de Bill Gates dans le livre, est la meilleure invitation qui peut être donnée à lire ce livre.

Votre Blogmaster

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